Histoire de Belley

Les Origines

L’agglomération belleysane s’est établie sur un plateau orienté au sud, dans un paysage de coteaux sur fond de montagnes. Ce plateau est bordé de deux rivières, le Furans et l’Ousson et il est à l’abri des crues du Rhône méandreux qui coule à proximité.

Le site, au carrefour d’un vaste réseau de voies de passage empruntant les vallées alentour, était d’abord un terrain de chasse et de parcours des hommes préhistoriques, notamment des magdaléniens, qui vivaient dans les grottes des vals voisins. Plus tard, au bronze final, il y a maintenant presque 3000 ans, une petite bourgade est née sur ce plateau-carrefour. Les Allobroges l’habitaient au moment de la conquête romaine à la fin du second siècle avant notre ère.

C’est à l’époque gallo-romaine que la ville a pris son nom et la structure générale de son urbanisme. L’étymologie de Belley reste incertaine. Ce nom est-il lié à la déesse Bellone, au guerrier Bellinus, ou provient-il de bellis locus ? On voit mal comment la déesse Bellone, qui incarne les horreurs de la guerre, aurait pu donner son nom à une agglomération. L’inscription Bellitium a Bellino sur une stèle funéraire qui aurait été découverte à Saint-Pierre de Novalaise, élevée au chef ségusien Sextius ou Sextilius Bellinus n’est pas recensée. Elle a dû, par ailleurs, être mal interprétée car il n’existe pas de peuple Ségusien. L’hypothèse la plus vraisemblable entre ces trois interrogations est donc la troisième. Elle devrait donc résider dans son origine toponymique. Soit celle du bas latin bellus, le beau site, soit celle d’une racine indo-européenne bal, bel, bau évoquant un site de hauteur.

blason belleyLES ARMOIRIES DE LA VILLE DE BELLEY
D'argent à la louve ravissante de sinople, surmonté de trois tours.
Ravissante au sens où le loup cherche à « ravir » une proie.
Le loup est l’animal consacré à Bellone et à Mars, divinités romaines de la guerre.

Les Romains ont organisé le territoire belleysan à leur manière habituelle, suivant le procédé de la cadastration, par découpage des terres en damier, qui détermine encore aujourd’hui les grandes lignes de composition de la ville. Ils ont également utilisé et aménagé le réseau des voies de communication antiques, notamment la grande voie partant de Lyon vers Rome par Genève franchissant le Rhône à Virignin, et passant à l’extrémité orientale du faubourg de Coron. Le uicus gallo-romain était pourvu d’une enceinte, très vraisemblablement construite à la fin du IIIe siècle, ou au début du IVe siècle, tout comme les autres uici de Viennoise, Détruite probablement au milieu du IVe siècle, elle dût être très rapidement remise en état dans le cadre des travaux de réalisation du tractus fortifié de la Sapaudia, plus tard occupé par les Burgondes qui créèrent le premier royaume de Bourgogne. Plus ou moins abandonnée par la suite, elle fut relevée par Amédée VII de Savoie après l’incendie de la ville en 1385. Les trois portes médiévales qui s’ouvraient dans la muraille étaient situées aux mêmes emplacements que les portes romaines.

I thermes romainsDes vestiges gallo-romains, trouvés à l’emplacement de la cathédrale, de la maison Saint-Anthelme et de la cité médico-sociale, témoignent de l’existence d’une véritable agglomération qui possédait un, voire deux temples. Il y avait également des thermes publics, mis à jour lors de fouilles en 2008 aujourd’hui recouvertes.

Les habitants de Belley furent évangélisés dès le IIIème siècle par des chrétiens venus de Vienne ou de Lyon. Après la loi de Théodose en 391, qui prescrit la démolition des temples païens, ceux de Belley ont alors été anéantis, laissant la place à la première église de la ville. L’ancien diocèse de Belley daterait du début du Vème siècle mais son existence est véritablement attestée au siècle suivant : l’évêque Vincentius signe les Actes des Conciles de Paris en 552 et 567. L’ancien diocèse de Belley n’occupait en Bugey qu’une partie des doyennés actuels de Belley, Champagne, Hauteville, St-Rambert et Lhuis : 49 paroisses au total. En revanche, il s’étendait, sur la rive gauche du Rhône, en Dauphiné d’une part : 22 paroisses des archiprêtrés actuels de Morestel et de Pont-de-Beauvoisin ; en Savoie d’autre part : 41 paroisses des archiprêtrés de Yenne, Saint-Genix, Novalaise et Les Echelles.

Au VIIe siècle, il est fait mention de Belley en tant que capitale du comté, Pagus Bellicensis, qui s’étend jusqu’au Mont du Chat et aux gorges de Chaille. Ce territoire autour de Belley, capitale historique de la province du Bugey, appartient, après la conquête de Clovis, au second royaume de Bourgogne. En 890, Rodolphe, roi de Bourgogne, fait construire la cathédrale romane dont il ne reste que peu de vestiges. Au premier tiers du XIe siècle, à la mort du roi de Bourgogne Rodolphe III, ce pagus (comté ?) passe sous la dépendance des comtes de Savoie, eux-mêmes sujets du Saint-Empire romain germanique. Amédée II de Savoie a le titre de comes bellicensium mais la seigneurie de la ville appartient aux évêques. C’est sans doute pour faire pièce aux comtes de Savoie que Frédéric Barberousse, en 1175, fait de l’évêque de Belley un prince d’Empire, jouissant des droits régaliens sur sa ville. Anthelme de Chignin, prieur de la chartreuse de Portes, fut le premier prince-évêque de Belley, entre 1163 et 1178. Il fut choisi après sa mort comme saint patron de la ville. Il s’opposa notamment au comte Humbert III.

Le diocèse de Belley est resté cependant terre savoyarde, sauf pour sa partie dauphinoise, et, à partir de 1601, pour le Bugey, rattaché par Henri IV à la France.

La ville médiévale

II vielle porteAu Moyen Âge, la ville se présentait comme un gros bourg, d’environ 700 feux, dont les habitations à encorbellement étaient serrées les unes contre les autres. Elles étaient construites en bois et torchis, leurs toitures en chaume. Le 25 août 1385 la ville fut détruite par un incendie. Elle fut reconstruite par Amédée VII de Savoie qui fit remonter en même temps le mur d’enceinte, ajouter des tours et creuser un fossé. L’agglomération se concentrait alors autour de la rue principale, l’actuelle Grande-Rue, commerçante comme l’indique son ancien découpage suivant les corps d’état : rues de la Grenette, des Drappiers (sic) et Mercière. Les habitants aisés ont construit à cette époque de solides maisons de pierre assorties d’une cour et d’un jardin. Le pouvoir comtal savoyard s’exerçait aussi dans la rue principale, dans l’actuel office de tourisme. Une grande partie de la ville était aux mains du clergé avec l’ancien palais épiscopal, vaste château à deux tours qui serait dû à saint Anthelme, la cathédrale reconstruite au XIIe siècle et dédiée à saint Jean-Baptiste, l’église paroissiale Saint-Laurent, construite au XIVe siècle et détruite en 1793, et les maisons des chanoines organisées autour d’un grand cloitre.

II maison forte vieugey      II baillage

A l’extérieur de l’enceinte, un premier faubourg, les Terreaux actuels, s’est développé au carrefour des voies d’accès à la porte de Lyon, porte principale de la ville. Un hôpital y avait été construit, à l’écart, pour éviter les risques d’épidémies. Sur les anciennes routes romaines quelques maisons fortes commandaient les passages : Vieugey, La Bâtie, Izelet et Coron notamment.

II cathedrale

Belley, ville française

III evecheAnnexée une première fois entre 1536 et 1559, Belley est définitivement incorporée au royaume de France sous Henri IV, par le traité de Lyon, signé le 17 janvier 1601. Désormais, elle dépend de l’Intendance de Bourgogne. Le gouverneur de la province loge, au moment des ses inspections, dans sa maison Grande-Rue. L’ancienne maison de Savoie devient alors maison du roi ou hôtel du bailliage.

Le premier évêque nommé par le roi à Belley, en 1608, est Mgr Camus, écrivain fécond et ami de saint François de Sales. C’est le temps de la Contre-réforme catholique. Les religieux affluent et contribuent au développement architectural de la ville. Un premier couvent était déjà construit depuis le XVe siècle, celui des Cordeliers, qui occupait une place considérable à l’intérieur des murs de la ville, au détriment des habitations. Deux autres communautés sont contraintes de s’installer hors les murs après le refus des habitants qui se plaignaient du manque de place : les Capucins en 1620, et les Ursulines en 1625. Néanmoins, sous la pression de l’évêque, deux autres couvents sont alors construits à l’intérieur des murs : les Visitandines en 1622, et les Dames de Bons en 1652. Dans ces conditions l’extension de la ville se fait de plus en plus hors de ses murs, et au-delà des portes de Lyon et de Savoie, le long des voies d’accès. Sa population est évaluée à cette époque à 1700 habitants environ.

III cathedraleLa ville devenue française est désormais place frontière. Son enceinte est conservée malgré les demandes des habitants de faciliter les entrées et sorties en perçant une quatrième porte dans la muraille. La demande est refusée en 1730 alors que déjà depuis 1688 une partie des fossés a été comblée. Ce n’est qu’à partir de 1770 que des constructions sont autorisées contre le rempart extérieur. En 1785 sont démolies les portes de Lyon et de Savoie, très étroites, et qui ne fermaient plus. On voit aussi apparaitre de nouvelles constructions, surtout des fermes, dans les trois hameaux satellites de la ville : Billignin, Les Ecassaz et Coron. La ville compte alors quelque 3400 habitants dont une grande partie habite hors les murs.

III maison des etatsL’aspect général de la ville change aussi avec l’aménagement des chaussées en galets, l’établissement de fontaines et la pose de réverbères. Un mail est aménagé le long du rempart nord de la ville à proximité du Promenoir, établi et planté en 1745. Sur le plan architectural, le chaume est définitivement interdit en 1734 et remplacé par de la tuile et de l’ardoise, travaux financés en partie par les recettes de l’octroi. Les façades de nombreuses maisons sont restaurées. Enfin de belles réalisations sont réalisées. La maison des Etats ou Hôtel de la province où se réunissent les trois ordres, Clergé, Noblesse et Tiers-Etat, est aménagée en 1762. Elle est fermée par un magnifique portail en ferronnerie. Un nouveau palais épiscopal est construit, sur des plans de Soufflot, à partir de 1766. Des halles en charpente remplacent dès 1746 les anciennes halles détruites. Elles sont placées hors les murs, contre le rempart, à l’emplacement des halles actuelles. Un nouvel hôpital (hôtel-dieu) est achevé en 1753. Un collège-séminaire, remplaçant celui implanté près de la cathédrale, le futur collège puis lycée Lamartine, est construit en 1763 en face du nouvel hôpital. Enfin deux nouveaux fours pour la cuisson du pain sont implantés, en 1726, sur la place qui porte encore ce nom aujourd’hui.

La Révolution et le XIXe siècle

IV vue generaleLa Révolution bouleverse la ville qui change de nom et devient « Belley régénéré ». Les biens de l’Eglise sont confisqués, les congrégations religieuses interdites. Les clochers de la cathédrale sont démolis. Les couvents des Cordeliers et des Capucins sont vendus à des particuliers après avoir été utilisés comme casernes pour loger les troupes faisant étape sur la route d’Italie.

Les rues changent provisoirement de nom.

Le collège est fermé en 1793. Il rouvre en 1803 et accueille à nouveau les fils de notables de toute la région, notamment le jeune Lamartine qui donnera plus tard son nom à l’établissement.
Belley retrouve son siège épiscopal en 1823. Si les anciennes communautés religieuses ont disparu, d’autres viennent s’installer dans la ville, en général à des fins d’éducation pour les filles et les garçons : les Maristes, les frères de la Sainte Famille, les sœurs de saint Joseph, les Bernardines.

La cathédrale, partiellement détruite par un tremblement de terre en 1822, est reconstruite à partir de 1835. Le chœur est conservé mais une nouvelle nef et une nouvelle façade sont réalisées dans le style néogothique de l’époque.

Belley, ville sous-préfecture depuis le 1er Empire et ville frontière (jusqu’en 1860), est dotée d’un palais de justice d’architecture néoclassique en 1840 et d’une direction de la douane. Toute une population d’avocats, de fonctionnaires et, à la fin du siècle, quand une gare est construite en 1880, d’employés des chemins de fer, se constitue dans la ville. Sa vocation administrative s’affirme plus encore après la création des établissements d’enseignements publics sous la IIIème République.

A côté de cette société, un peuple d’artisans, de commerçants et d’agriculteurs vit et travaille dans la ville. Il n’y a pas encore à proprement parler d’industrie.

En 1860, le rattachement de la Savoie à la France fait perdre à la ville sa position frontalière. Elle perd sa douane mais augmente son attraction pour les nouveaux départements au-delà du Rhône.

La ville reste très provinciale. Peuplée de 4500 habitants en 1870, elle est organisée autour d’une vie plutôt rurale avec ses foires et ses marchés, notamment son champ de foire aux bestiaux sur le Mail, ses abattoirs, ses nouvelles halles et sa grenette (l’actuelle salle des fêtes) bâties en 1850 sur la place des Terreaux.

IV restaurant pernolletSur le plan architectural, outre les constructions publiques ou religieuses indiquées plus avant, quelques réalisations méritent d’être signalées. Deux hôtels particuliers, très différents l’un de l’autre, sont construits à cette époque : l’hôtel Dallemagne (le conservatoire de musique actuel), bâtiment du XVIIIe siècle, ancienne fabrique de soieries transformée en résidence, avec sa cour d’honneur fermée d’une belle grille en ferronnerie dorée et son parc, et l’hôtel de Villeneuve (la mairie actuelle), achevé en 1840, à l’identique des gros immeubles bourgeois lyonnais comportant des commerces en rez-de-chaussée, le logement principal au premier étage et des locations au-dessus. Deux autres immeubles sont construits à la fin du siècle : l’immeuble Vulliod, boulevard de Verdun, daté de 1896, qui a longtemps abrité la poste, et l’immeuble Perret, du nom de son architecte, rue de la République.

Il faut aussi signaler la création d’une institution qui fit longtemps la réputation gastronomique de la ville : l’hôtel Pernollet, ouvert en 1821, étape obligée au siècle suivant des riches Parisiens, des artistes et des intellectuels se rendant en villégiature dans le Midi.

En 1874, la ville prend un nouveau visage avec l’arrivée des militaires : le 133e régiment d’infanterie de Ligne, comptant quelque 3000 hommes, soit la moitié de la population.

Le XXe siècle

Au moment de la première guerre mondiale, Belley vit par et pour les militaires. Il suffit de noter les quelque deux cents cafés qui jalonnent les rues. Pendant tout le conflit, la ville s’organise en centre d’accueil des blessés tout en conservant une partie de sa garnison formée de recrues se préparant à partir au front.

Elle demeure, comme par le passé, un gros bourg aux vocations administratives et religieuses auxquelles s’ajoute désormais sa fonction militaire. Sa seule industrie est née à la fin du siècle précédent d’une innovation technique, la fabrication sans couture d’un porte monnaie. Une entreprise est née, qui prend le nom de « Sans Coutures », puis de « Le Tanneur ». Son développement participe pendant quelques décennies à celui de la ville.

Le véritable changement se produit dans les années qui suivent la seconde guerre mondiale. Le nombre de religieux diminue. La création en 1931 d’un grand séminaire (l’actuelle Maison Saint-Anthelme) ne sera qu’éphémère puisque l’établissement ferme ses portes trente ans plus tard. En 1978, la résidence de l’évêque se déplace avec ses services administratifs à Bourg-en-Bresse, le siège du diocèse restant toutefois à Belley. Les derniers religieux assurant une fonction d’éducation dans divers établissements disparaissent également.
Les militaires réduisent leurs effectifs à leur tour. Le 133ème régiment d’infanterie a été remplacé par un bataillon de tirailleurs marocains puis par un escadron de gendarmerie mobile jusqu’en 1983. Les deux casernes qui les abritaient sont presque entièrement démolies. Elles étaient représentatives de l’architecture militaire de la fin du XIXe siècle pour l’une, et du début du XXème pour l’autre. A l’une (Sibuet) a succédé une gendarmerie ; l’autre (Dallemagne) abrite un espace culturel, l’Intégral, construit en 2000.

En revanche l’industrie ne devient vraiment marquante qu’au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Le Tanneur (travail du cuir), Pingon (constructions de grues) et Cefilac (pièces moulées) employaient plusieurs centaines de personnes pendant les années 1960. Après la crise des années 1970 et la fermeture ou la diminution considérable des emplois dans ces entreprises, un tissu industriel plus diversifié s’est peu à peu reformé. Par ailleurs, durant le dernier demi-siècle, la ville a beaucoup développé ses infrastructures scolaires et hospitalières.

La création d’un tissu industriel et commercial, dans des « zones » éponymes, qui a investi toute la périphérie de la ville a changé son image ancienne. Une organisation urbaine de logements sociaux et de lotissements pavillonnaires a aussi profondément modifié son apparence.

Paradoxalement, le tissu ancien formé d’alignements d’immeubles le long des rues et occupé de commerces et de services n’a pour ainsi dire pas bougé en un siècle. La population, de près de 10 000 habitants aujourd’hui, loge, pour plus de la moitié, à l’extérieur de ce cœur de ville.

Malgré des ajouts parfois peu esthétiques, la ville conserve toutefois un charme indéniable dû à sa quiétude et au caractère bon vivant de ses habitants. C’est une ville qui, aujourd’hui, se trouve être excentrée, à distance des grands axes de communication, mais qui possède des atouts. Le tourisme, notamment, qui profite de la réalisation, dans les années 1980, du canal de déviation du Rhône qui passe à ses pieds, et surtout de ses paysages, de sa qualité de vie et de son histoire. La culture est déjà présente avec sa médiathèque, son cinéma, ses équipements de spectacle et ses associations. Mais il manque encore un musée ou une maison du Patrimoine. A cela devrait pouvoir s’ajouter une activité qui se passe des autoroutes et des voies ferrées et qui va bien avec la culture, celle du numérique.

Bibliographie

A. Dallemagne, Histoire de Belley, Extrait de la revue Le Bugey, 1933, réédité en 1979.
M. de Seyssel, Le Belley de nos pères, Librairie Montbarbon, Belley, 1912
L. et G. Trenard, Diocèse de Belley, histoire des diocèses de France, Paris, Beauchesne , 1978

Collectif : Richesses touristiques et archéologiques de la ville de Belley, imprimerie Gonnet, Belley, 2007.

Revue Société savante Le Bugey :
- J. Charbonnet, La construction du grand séminaire de Belley, n° 93, 2006.
- A Dallemagne, Les armoiries de Belley, n°72, 1985.
- R. Joud, Histoire des établissements hospitaliers de Belley (1789-1940), n°88, 2001.
- B. Kaminski, Cadastrations antiques de Yenne, Belley et Chambéry, n° 102, 2015.
- C. Lhéritier, Paysages urbains et ruraux à Belley entre 1836 et 1839, n°83, 1996.
- J. May, Belley : visite historique de la ville, n°56, 1969.
- F. Putz, Belley, ville de garnison, n°88, 2001.

Histoire du Bugey

Identité physique

bugey carte franceLe Bugey, tel qu’on le conçoit actuellement, correspond aux deux arrondissements de Belley et de Nantua. C’est une entité cohérente, de 80 km du nord au sud et de 40 km au maximum dans sa largeur, bordée par le Rhône, à l’est pour la séparer des deux Savoie, et au sud pour la distinguer du département de l’Isère. La Valserine, qui se jette dans le Rhône, sépare au nord-est le Bugey du Pays de Gex. La frontière nord est matérialisée par la limite avec le département du Jura. À l’ouest, La rivière Ain, qui se jette également dans le Rhône, sépare naturellement la Bresse et le Bugey.

Historiquement, cette définition est inexacte, car firent partie de cet ensemble des territoires situés au-delà du Rhône, situés à l’ouest du Mont du Chat et de la chaîne de l’Épine, en Savoie le canton actuel de Yenne (Le « Petit-Bugey »), en Isère les cantons de Saint-Genis, des Échelles et du Pont-de-Beauvoisin. Le Rhône n’était pas alors une frontière, mais un élément structurant du territoire.

Si le Bugey, en raison de cette proximité, aurait pu porter le nom de Rhône, il aurait pu s’appeler le Jura, car il appartient, en dehors de la plaine de l’Ain, au Jura méridional.

carte bugeyC’est un pays de vallées et de petites montagnes calcaires qui s’étagent jusqu’à 1534 mètres au Grand-Colombier. On y retrouve les caractères jurassiques : monts, vals, combes, crêts, ruisseaux, rivières, petits torrents (ruz), cascades, marais, lacs, gouffres, grottes... Deux vallées transversales aux versants abrupts rompent l’organisation longitudinale jurassique et permettent la circulation ouest-est pour gagner les contrées alpines : la cluse des Hôpitaux d’Ambérieu-en-Bugey à Culoz et, plus au nord, celle de Nantua qui aboutit à Bellegarde.

On distingue classiquement le Haut-Bugey et le Bas-Bugey. Les uns, notamment les géographes, trouvent une césure entre ces deux mondes matérialisée par la cluse des Hôpitaux. Les autres, notamment les juristes, la trouve dans la limite des arrondissements de Nantua et de Belley. S’il n’est pas satisfaisant de morceler la combe d’Hauteville-Brénod en deux territoires distincts, il est certain que la population du canton d’Hauteville se sent plus proche de Belley, et celle du canton de Brénod de Nantua. De même, en Valromey, les villages du canton de Champagne, regardent vers le sud, et les villages du Haut-Valromey, tels qu’Hotonnes, qui appartiennent d’ailleurs au canton de Brénod, s’orientent plutôt vers Nantua ou Bellegarde.

Identité historique

Le Bugey est français de fraiche date, réuni, comme la Bresse, à la France par le traité de Lyon du 17 janvier 1601, à la suite des victoires d’Henri IV sur Charles-Emmanuel 1er de Savoie, si ce n’est une courte période de 1535 à 1559, à la suite d’une conquête de François 1er sur Philibert le Beau, et bien sûr la période franque.
L’appellation de Bugey est relativement récente : Beugesium en 1294, Beugeuis en 1563, Beugey en 1613, Bugey en 1722, découlant probablement de Pagus Bellicencis, à l’époque féodale, dont Belley était la capitale.

Les origines romaines

Le territoire du Bugey, occupé dès la préhistoire (grotte des Hotteaux, Culoz), est partagé plus tard par les Séquanes, les Ambarres (autour d’Ambérieu) et les Allobroges (le long du Rhône), connus lors du passage des Helvètes et de leur poursuivant, César, en 58 avant J.-C. Cette complexité se retrouve à l’époque romaine : une partie du Bugey est intégrée en 27 avant J.-C. dans une des quatre provinces de la Gaule romaine la Provincia Lugdunensis (la Lyonnaise), alors que le Haut-Bugey, le Valromey et la Michaille étaient englobés dans la Provincia Belgica (capitale : Autun). Belley devient progressivement, peut-être après sa voisine outre Rhône, Aoste, un vicus important, probablement plus important que l’on a pu le croire depuis l’heureuse découverte des thermes en 2008. Les témoignages d’une forte densité démographique abondent à Vieu-en-Valromey (vicus Venetonimagus), Briord, Seyssel, Lagnieu, Saint-Vulbas, Groslée (Uliacum), Izernore, Cerdon...

Le premier royaume de Bourgogne

Vers 440, les Burgondes s’installent ou sont installés par Aetius (395-454), généralissime de l'armée de l'Empire d'Occident sous le règne de Valentinien III, dans la mystérieuse Sapaudia, territoire compris entre l’Ain, le Rhône le Léman, le Jura et l’Aar, et fondent le premier royaume de Bourgogne. Le Bugey se trouve ainsi gouverné par les rois Gondioc († 460), Chilperic († vers 476), Gondebaud († 516), Sigismond († 523) et Godomar. Celui-ci, en 534, est vaincu par les rois francs Childebert († 558), Clotaire Ier († 561) fils et héritiers de Clovis, et Thibert 1er († 547) fils de Theoderic 1er († 533), fils aîné de Clovis, qui se partagent le royaume. Le Bugey tombe dans l’escarcelle de Childebert qui a reçu Lyon, Vienne, Genève et Grenoble.

Le diocèse de Belley

C’est à cette époque qu’apparaît le diocèse de Belley. Déjà, à l’époque franque, existait un diocèse, peut-être créé à la fin du Ve siècle, qui semble avoir été balayé par les invasions et les guerres, avec un évêque du nom d’Audax, cité en 412, diocèse qui sera englobé dans celui de Lyon ou de Genève, voire de Vienne. Vers 530, un nouveau diocèse de Belley, de petite taille, est créé, comme celui de Mâcon, résultant probablement du démembrement des diocèses voisins, notamment du diocèse de Lyon. On en connait les premiers évêques : Tarniscus, Migetius et Vincentius cité au concile de Paris en 552. Son territoire s’étendait de part et d’autre du Rhône. En Bugey, n’étaient concernées que les paroisses situées au sud d’une ligne partant de Lacoux, dédaignant Hauteville, englobant Thézillieu, la partie de Virieu-le-Grand située à l’est de l’Arène, Saint-Champ, sans Cressin, et Massignieu-de-Rive. Au-delà, tout appartenait au diocèse de Genève. À l’ouest, la ligne de démarcation avec le diocèse de Lyon s’établissait depuis Lacoux sur la crête de la chaîne de montagne dominant le Rhône, englobant Conand, Ordonnaz, Innimont, Ambléon, Conzieu, Prémeyzel et aboutissant à la rivière du Gland, délaissant Saint-Rambert, la future chartreuse de Portes, Bénonces et Lhuis. Mais au sud-ouest, au-delà du Rhône, le diocèse comprenait un territoire borné par Le Bouchage et Saint-André-le-Gaz, limitrophe des diocèses de Lyon et de Vienne, et se poursuivait sur la rive droite du Guiers englobant Aiguebelette et la contrée de Yenne, s’arrêtant au nord de Lucey, en suivant la ligne de crête de Lépine et du Mont du Chat. En somme, trois archiprêtrés se trouvaient dans le Petit-Bugey (41 paroisses), deux en Dauphiné (22 paroisses) et trois seulement (47 paroisses) dans ce qui est actuellement le département de l’Ain.

Les Mérovingiens

Childebert meurt en 558, son frère Clotaire s’empare de ses biens. Les rois francs, en raison des divisions du royaume (Neustrie, Austrasie, Bourgogne, etc.), ne sont pas tous souverains de ce territoire dont le Bugey fait partie. À la mort de Clotaire en 561, son fils Gontran († 592) hérite de l’ancien royaume de Bourgogne, qui passe à sa mort à son neveu Childebert II († 596), fils de Sigisbert et petit-fils de Clotaire. Theoderic II († 613), fils de Childebert II est roi des burgondes en 596. Puis, se succèdent Clotaire II († 629), fils de Chilpéric 1er († 584) et petit-fils de Clotaire ; son fils Dagobert Ier († vers 638) ; Sigebert III († 656), fils de Dagobert ; Clovis II († 657), frère de Sigebert III ; de Clotaire III († 673), fils de Clovis II ; Theoderic III († vers 690), fils de Clovis II, avec entretemps deux intermèdes de son frère Childéric II († 675) puis d’un imposteur du nom de Clovis ; Clovis III († 695), fils de Theoderic III ; Childebert III († 711), fils de Theoderic III ; Dagobert III (†715), fils de Childebert III ; Theoderic IV († 737), fils de Dagobert III.

Les Carolingiens

Charles Martel († 741), maire des palais, à la disparition de Theoderic IV en 737, a un tel pouvoir qu’il ne le remplace pas et, pendant quatre ans, règne sur la Bourgogne, comme sur le reste du royaume, au nom du roi défunt. Ses fils Carloman († 754) et Pépin élèvent sur le trône le dernier des Mérovingiens, Childeric III, probable fils de Theoderic IV. En novembre 751, Pépin fait déposer Childeric III par l’assemblée des grands qui l’élisent roi. À sa mort en 768, le royaume est partagé entre ses fils, Pépin, Charlemagne et Carloman. Pépin se voit attribuer la Bourgogne, jusqu’à ce qu’il devienne roi d’Italie. Carloman hérite alors de la couronne de Bourgogne, qui à sa mort en 771, revient à Charlemagne puis en 813 (avant sa mort en 1814) à son troisième fils, Louis le Pieux, associé au pouvoir de l’Empire. En 817, Louis le Pieux couronne empereur son fils Lothaire I, ses frères ayant la dignité royale lui étant subordonnés. En août 829, il attribue déjà à son très jeune fils Charles (le Chauve) le pays alaman, la Rhétie, l’Alsace et une partie de la Bourgogne, avec le titre de dux. Mais toutes ces mesures sont remises en cause par les autres fils et de nouveaux partages sont effectués en 830, 833, 837 et 839. Lors de ce dernier partage à Worms, Lothaire I reçoit alors la Bourgogne. Louis le Pieux meurt en 840. Au traité de Verdun d’août 843, l’empire franc est divisé en trois parts à peu près égales. Lothaire I reçoit le Bugey, intégré dans la Lotharingie. En 855, avant de prendre l’habit de religieux, il partage son royaume entre ses trois fils. Lothaire II († 869) reçoit la Lorraine et une partie de la Bourgogne, mais donne en 858 à son frère Charles le Jeune († 863), qui avait hérité de la Provence, du duché de Lyon et d’une partie de la Bourgogne transjurane, les évêchés de Belley et de Tarentaise, à condition que le royaume de Provence lui revienne si Charles mourrait sans enfant. À la mort de Charles le Jeune, son royaume est partagé entre ses frères Lothaire II et Louis II le Jeune († 875), empereur des romains. Celui-ci obtient, outre une partie du royaume de Provence, les diocèses de Belley et de Tarentaise, qui, à sa mort, sont confisquées par son oncle Charles le Chauve, comme son titre d’empereur

Le second royaume de Bourgogne

Charles le Chauve meurt deux ans plus tard, le 6 octobre 877, en franchissant les Alpes, entre le Mont-Cenis et Saint-Jean-de Maurienne. Sa dépouille, ramenée par son armée, déposée selon la légende quelques heures au Lit au Roi (entre Massignieu-de Rives et Cressin-Rochefort), dans le tombeau en pierre de Silvius Luciolas (actuellement utilisée à Lavours comme abreuvoir), est inhumée à l’abbaye de Nantua, avant de rejoindre plus tard Saint-Denis.
Son fils Louis II le Bègue lui succède, mais son autorité est contestée par son oncle Boson († 887), dont la sœur a épousé Charles le Chauve, et qui exerçait des fonctions ducales dans le Lyonnais, le Viennois, et en Provence. Boson fonde en octobre 879 le royaume d’Arles et de Provence, qui comprend, outre la Provence, une partie de la Bourgogne (cisjurane), la Bresse, le Bugey, la Tarentaise, le Forez et le Dauphiné. Succèdent à Boson son fils Louis III l’Aveugle († 928), puis son cousin Hugues d’Arles († 947), petit-fils de Lothaire II, qui devenu roi d’Italie en 926, cède le royaume de Provence et de Bourgogne cisjurane à Rodolphe II († 937), roi de la Bourgogne transjurane fondée en 888, par son père, Rodolphe († 912), d’ascendance Welf, alors duc des bourguignons de la Transjurane (entre le Jura et les Alpes Pennines et qui comprenait le Pays de Gex). La Bourgogne ainsi réunifiée, comme les pays du futur département de l’Ain, passe sous le pouvoir du fils de Rodolphe II, Conrad le Pacifique († 993), puis du fils de celui-ci Rodolphe III le Fainéant († 1032), qui abandonne ses droits au profit de son neveu l’empereur d’Allemagne, Conrad II le Salique. Le Bugey devient un fief de l’empire d’Allemagne pour un peu moins de six siècles

La Maison de Savoie

Cette histoire politique mouvementée, suivie de l’éloignement du centre de l’Empire, les différentes invasions (Sarrazins au VIII et IXe siècles, les Hongres au Xe siècle, etc.) ont favorisé une insécurité, caractéristique de la période féodale, qui fait que le Bugey n’est qu’une mosaïque de seigneuries : comté de Belley, seigneurie de Belley (possessions de l’évêque), seigneurie du Bugey (capitale à Rossillon, Valromey, Michaille, etc.), seigneuries de Luyrieux, de Cordon, de Saint-André-de-Briord, possessions des comtes de Bourgogne (entre l’Oignin, l’Ain et Nantua), baronnie de Thoire-Villars, seigneurie de Coligny, outre les établissements religieux aux statuts complexes et variés avec les seigneuries : prieurés de Nantua, de Ceyzérieu, de Brénod, de Saint-Sorlin, de la Burbanche, d’Arbent, de Saint-Sulpive et de Ménétruel, abbayes de Saint-Rambert, d’Ambronay, de Saint-Benoit, de Briord, auxquels s’ajouteront les créations postérieures : Innimont, Conzieu, Talissieu, Belmont, Portes, Meyriat, Arvières, Chézery, Ardin et Villes près de Châtillon-en-Michaille, Bons, Blyes, l’Ile-sous-Quirieu, Ordonnzaz, Jujurieux, Anglefort, Loyettes, Villebois, Rignieu, Seyssel et Pierre-Châtel. Pendant des siècles, la Maison de Savoie luttera pour constituer un ensemble cohérent sous sa suzeraineté, comme le montre la liste ci-dessous, inspirée notamment des travaux de Guigue.

  • 1048 : Humbert aux Blanches Mains
  • 1051 : Amédée I
  • vers 1060 : Odon
  • vers 1077 : Pierre Ier
  • vers 1088 : Amédée II . Amédée II est comte de Belley. La seigneurie du Bugey (Valromey, Michaille, rive droite du Rhône de la Valserine à Culoz), possession de l’Empire et des comtes de Genève est accordée à Amédée II comte de Maurienne par son beau-frère, l’empereur Henri IV, ou (et) par le mariage d’Amédée II et de Jeanne de Genève. La seigneurie de Cordon est inféodée aux comtes de Savoie
  • 1103 : Humbert II
  • 1148 : Amédée III
  • 1188 : Humbert III
  • 1233 : Thomas I. Le château de Cornillon est cédé à la Savoie par Régnier, abbé de Saint-Rambert
  • 1253 : Amédée IV. Vers 1257, la seigneurie de Saint-André de Briord est vendue aux comtes de Savoie
  • 1263 : Boniface
  • 1268 : Pierre
  • 1285 : Philippe Ier. Le comte se fait associer en pariage, par l’abbé d’Ambronay, dans la jouissance de tous les droits seigneuriaux de sa terre (1282).
  • 1323 : Amédée V le Grand. Diverses acquisitions au duc de Bourgogne, notamment de la seigneurie de Pont-d’Ain (1289). Conquête du château et de la châtellenie de Saint-Germain-d’Ambérieu (1316)
  • 1329 : Edouard le Libéral
  • 1343 : Aimon le Pacifique. Traité de Paris entre la Savoie et le Dauphiné (1355) : la Savoie reçoit tous les territoires à l’est du Rhône.
  • 1383 : Amédée VI, le comte Vert. Échange avec le roi de France, pour obtenir les seigneuries de Varey, de Saint-Denis-le-Chosson, de Chazey-sur-Ain, de Saint-Maurice-de Rémens, de Lagnieu, Lhuis, de Saint-Sorlin, de Saint-André-de-Briord (1355). L’abbé d’Ambronay cède Moyettes à la Savoie (1371)
  • 1391 : Amédée VII, le Comte Rouge
    Abdication en 1440 d’Amédée VIII. La Savoie est érigée en duché (1416). Acquisition des biens du dernier seigneur de Thoire-et-Villars (Nantua, Cerdon, Poncin, Arbent, Martignat, Montréal (1402 et 1423)
  • 1465 : Louis
  • 1472 : Amédée IX Le Bienheureux
  • 1482 : Philibert Ier
  • 1490 : Charles Ier
  • 1496 : Charles II
  • 1497 : Philippe II
  • en Bugey 1504 : Philibert II le Beau
  • 1553 : Charles III le Bon. Le Bugey est conquis par la France en 1535 et restitué en 1559
  • 1580 : Emmanuel-Philibert, Tête de Fer
  • 1630 : Charles-Emmanuel I le Grand. Le Bugey est conquis par Henri IV en 1595. Par le traité de Lyon de 1601, La Bresse, le Bugey, le Valromey et le Pays de Gex sont cédés à la France contre le marquisat de Saluces.

Sous les ducs de Savoie, au XVe siècle, le siège de la justice est située à Rossillon jusqu’à son transfert à Belley, lorsque cette première capitale sera ruinée par la guerre.

L’époque royale

Depuis 1601, jusqu’à la Révolution, le Bugey est enfin une circonscription administrative, dépendant comme la Bresse, la Dombes et le Pays de Gex du gouvernement de Bourgogne, sous le ressort de la chambre des comptes et du parlement et de la généralité de Dijon.
Son élection comprenait, outre le bailliage de Gex, dix mandements : Matafelon, Montréal, Nantua, Poncin, Rossillon (qui comprend Belley), Saint-Germain-d’Ambérieu, Saint-Rambert (avec deux mandements distincts), Seyssel et Valromey.
Hormis le traité franco-sarde de Turin de 1760 qui mettra fin à quelques problèmes le long du Rhône (Grésin, Arlod, Seyssel, Chanaz, La Balme), le Bugey ne connaîtra plus de modifications territoriales.
Pour la justice, un édit de juillet 1601 crée un bailliage à Belley, compétent pour « le païs de Beugey, Veromey, et des terres y juinctes », avec à l’origine un office de lieutenant civil et criminel, puis par la suite un bailli d’épée, un lieutenant civil, un lieutenant criminel, deux conseillers rapporteurs et vérificateurs des défauts, d’un avocat, d’un procureur du roi, d’un substitut et d’un greffier.

Le département de l’Ain

À la Révolution, les députés du bailliage de Belley s’opposent sur la construction du nouveau département : Jacques de Clermont-Mont-Saint-Jean (noblesse), Aimé Favre (clergé) et Jean-Anthelme Brillat-Savarin (tiers-état) réclament un département qui s’identifie au Bugey (projet Mirabeau), contrairement à Delilia de Croze (tiers-état), originaire de Montréal, qui veut réunir la Bresse, le Bugey et le Pays de Gex. Cette dernière proposition est retenue, le Bugey comprenant trois districts : Belley, Nantua et Saint-Rambert. En 1800, à la création des préfectures, le Bugey est divisé en deux arrondissements avec deux sous-préfectures à Belley (9 cantons et 107 communes) et Nantua (7 cantons et 64 communes). Le Bugey disparait alors comme unité administrative.

Bibliographie

  • Georges Debombourg, Atlas historique du département actuel de l’Ain, Lyon : Perrin, 1862.
  • Christian Settipani et Patrick Van Kerrebrouck, La préhistoire des Capétiens, Clamecy : Nlle impr. Laballery, 1993.
  • Marie-Claude Guigue, Topographie historique du département de l’Ain, Trévoux : Damour, 1873.
  • Cte de Seyssel, Esquisse historique du Bugey, Le Bugey, 1909 à 1913.
  • Histoire des communes de l’Ain, Le Bugey par Louis Trénard, Roanne : Horvath, 1984.